#2 – Le sport, un vecteur de paix, d’égalité sociale… et de parité ?

Épisode 2/3

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À la fin du XIXe siècle, les barrières sociales se lèvent peu à peu, le sport commence à se démocratiser et les premières rencontres entre les nations voient le jour avec la contribution de Pierre de Coubertin qui évoque la paix universelle dans son discours prononcé à la Sorbonne en 1892. Il créé le CIO, dont la reconnaissance internationale permet de mettre l’idéologie en dehors du stade. Les premiers Jeux Olympiques modernes ont alors lieu à Athènes en 1896, puis à Paris en 1900, année de l’Exposition Universelle.

Si la participation fut refusée aux femmes aux JO d’Athènes en 1896, elles purent participer à ceux de 1900 à Paris (6 sur 1066 athlètes) et c’est une femme qui remporte la médaille d’or en voile, la comtesse Hélène de Pourtalès. L’immense majorité des participants olympiques à l’époque appartiennent toujours à l’élite sociale ou étudiante, masculine, occidentale et fortunée. Coubertin, aussi humaniste soit-il, refuse finalement l’accès aux femmes aux Jeux olympiques, car « leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs (…) une olympiade femelle est impensable, elle serait impraticable. » et en 1922, le docteur Boigey rappelle que : « La femme n’est pas faite pour lutter mais pour procréer ». Il est alors établi que les femmes peuvent pratiquer une activité sportive si celle-ci met en évidence leur grâce ou favorise leur fécondité ! Malgré cela, les femmes sont progressivement admises aux Jeux olympiques dans des sports de démonstration : boxe féminine, natation, tennis, athlétisme, gymnastique. Grâce à l’action de plusieurs grandes sportives, le sport féminin aboutit à sa reconnaissance lors des Jeux olympiques d’été de 1928, mais la proportion des femmes aux olympiades est de 2 % du total des athlètes en 1912 contre 40 % en 2014.

Les femmes jouent au football depuis la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne et le football féminin se popularise au début du XXe siècle. Le premier match a lieu en France en 1917 et en 1920, plusieurs match France-Angleterre attirent les foules : 12 000 spectateurs à Vincennes, 25 000 spectateurs à Preston et 53 000 à Liverpool, en Angleterre. Pour autant, l’association britannique de football interdira l’accès des femmes sur les terrains de 1921 à… 1971 ! En France également, l’interdiction totale de pratiquer est ordonnée aux femmes sous le régime de Vichy. On assiste au renouveau du football féminin vers la fin des années 60 et il connaît aujourd’hui un véritable essor. Avec plusieurs millions de pratiquantes aux États-Unis, on voit émerger une équipe nationale américaine de premier plan. La France quant à elle, présente un des taux les plus faibles des pays occidentaux et même si l’on compte 160 000 licenciées en 2018, aujourd’hui encore le football reste, avec le rugby, le sport le moins pratiqué par les femmes.

Suite la semaine prochaine !
Le Triathlon, discipline mixte, la perle rare dans les sports de haut niveau
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