#1 – Une histoire de vacances

Épisode 1/2

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C’est l’été à Saint-Jean-de-Monts ! Savez-vous depuis quand le concept de vacances existe ? Du latin vacare, signifiant « être sans », on désigne par ce mot la période pendant laquelle une personne cesse ses activités habituelles…

L’histoire des vacances est souvent associée aux congés payés car c’est l’époque où elles se sont démocratisées, mais l’on peut pourtant remonter à l’antiquité, du moins pour l’élite. En effet, l’aristocratie romaine avait coutume de fuir la chaleur et les épidémies propagées par les moustiques. Au Moyen Âge, les nobles fuyaient les villes aux odeurs nauséabondes pendant les périodes caniculaires [1]. Il est d’ailleurs à noter que le mot canicule provient du latin canicula qui signifie « petite chienne », autre nom donné à Sirius, du grec seirius qui signifie « ardant » ou « brûlant ». Sirius est la principale étoile de la constellation du Grand Chien ; elle est l’étoile la plus brillante après le soleil, particulièrement entre le 24 juillet et le 24 août. Se levant en même temps que le soleil pendant cette période, elle laissait penser aux anciens qu’il existait un lien entre son apparition et les grandes chaleurs. Ainsi Pline l’Ancien [2] écrivait-il : « Quant à la Canicule, qui ignore que, se levant, elle allume l’ardeur du soleil ? »

Mais contrairement aux idées reçues, si les autres couches sociales ne prenaient pas de vacances, elles ne travaillaient pas autant que notre époque « moderne » aime le penser. Entre les dimanches où le travail était interdit et les nombreux jours fériés catholiques ou profanes, le nombre de jours chômés au Moyen Âge était d’environ… 190 ! Le nombre d’heures travaillées variaient selon les périodes de l’année car il était interdit de travailler au coucher du soleil pour éviter les risques d’incendie dans les villes éclairées à la bougie, et par ailleurs, les paysans qui travaillaient de longues journées essentiellement l’été, période de grandes labeurs agricoles, ne trimaient pas à longueur d’année [3].

Les gens de toutes conditions se déplaçaient déjà beaucoup, plus par nécessité que par plaisir : soldats, commerçants, pèlerins… Au XVIe siècle apparaissent les premiers voyages culturels ou touristiques, quand les nobles et les artistes commencent à se rendre en Italie, en quête des splendeurs de l’Antiquité. Puis apparaît le tourisme balnéaire avec les premières villes d’eaux calquées sur les thermes romains au XIXe siècle, sous Georges IV et Napoléon III, réservé une fois encore à l’aristocratie. On vante alors les bénéfices des cures thermales.

Au XIXe siècle, la période des « grandes vacances », elle, correspondait à la période des moissons et des vendanges, du 15 août au 1er octobre, quand le travail des enfants était encore l’usage et que les écoles et universités fermaient pour que tous puissent prêter main forte aux champs. À cette époque-là, les paysans représentaient la moitié de la population. Chez les nobles qui ne devaient ni produire ni commercer, elle correspondait à la période de la chasse. La bourgeoisie, à son tour, cherche alors à se distinguer des « travailleurs » en achetant des maisons à la campagne pour les vacances [4].

Suite la semaine prochaine avec l’histoire des congés payés…

La Libellule

[2Pline l’Ancien (23 – 79 après J.-C.) est un écrivain et naturaliste romain du Ier siècle, auteur d’une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle et qui compte 37 volumes (vers 77).