#1 – Les origines d’Halloween

De la Samhain à Halloween…

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>> Épisode 2

Le culte des morts remonte au début de l’humanité. Si les primitifs ne croyaient sans doute pas en une sorte de paradis pour accueillir nos défuntes âmes, ni que ces dernières cherchaient d’autres corps à habiter, ils croyaient plus certainement que ces âmes continuaient à vivre auprès de nous. Plus tard, dans l’antiquité, l’idée de résurrection fait son apparition et César rapporte que les druides « excitent le courage en ôtant aux hommes la crainte de la mort », les rendant ainsi plus braves à la guerre.

Il y a près 2500 ans, alors que les Celtes occupaient les îles britanniques, la Bretagne et une grande partie de la Gaule, l’année se divisait en deux. Le 1er novembre (Samhain) marquait le passage de la saison claire à la saison sombre et la fin des activités telles que les combats et les travaux agricoles, pour se tourner vers les dieux tandis que le 1er mai (Beltaine), marquait le passage de la saison sombre à la saison claire et la reprise des activités diurnes : la chasse, la guerre et les conquêtes, le travail aux champs.

La Samhain [1] en Irlande, ou Samonios en Gaulle, était une des fêtes majeures dans la vie des Celtes pour qui elle représentait un enjeu spirituel très fort. Fêtée sous l’autorité des druides, elle durait une semaine, qui n’appartenait ni à l’année qui s’achevait, ni à celle qui commençait, mais était en dehors du temps : trois jours avant et trois jours après le 31 octobre. Elle marquait le début du cycle hivernal et de la lutte entre les ténèbres et la lumière et selon les croyances de l’époque, en cette période s’ouvre un passage vers le monde des dieux, le Sidh. Le réel côtoie l’irréel, le monde des vivants celui de « l’autre monde », et en cette nuit du 31 octobre, les esprits rendent visite à leurs proches, tandis que les dieux de la mort tentent de rassembler les âmes de ceux qui sont décédés durant l’année. Ainsi, les vivants se costumaient et se grimaient de manière effrayante pour se fondre parmi les revenants.
La fête de Samhain comportait trois jours de solennités : le premier novembre était consacré à la mémoire des héros, le lendemain à celle des défunts et le troisième jour aux réjouissances populaires et familiales, marquées par un banquet.

La volonté de christianiser les Celtes entraîna l’interdiction par l’Église de ces fêtes déclarées païennes. En 610, le Pape Boniface IV instaura d’abord la fête de tous les martyrs le 13 mai, en remplacement de la fête des Lemuria de la Rome antique, célébrée pour conjurer les spectres malfaisants. Au IXe siècle, elle fut déplacée au 1er novembre par le Pape Grégoire IV de façon à christianiser la fête de Samhain et devint la Toussaint. En 1048, les moines de Cluny instaurèrent une fête des morts le 2 novembre (souvent fêtée le 1er novembre par la population), et ce qui correspondrait au troisième jour de festivité de la Samhain fut abandonné.

Ainsi, le 31 octobre devint la veille de la Toussaint qui se dit en anglais : all hallows’ eve, (qui peut se traduire par « la veille de tous les Saints »), et s’est transformé en Halloween.

>> Seconde partie : "Un navet transformé en citrouille !"

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