#1 – L’origine de l’école

Les grandes civilisations : les tous premiers enseignements

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Quand on pense à l’école, viennent d’abord les souvenirs de classe, quant à l’histoire de l’école, on pense souvent à Charlemagne ou à Jules Ferry. Ces deux figures ont en effet marqué l’histoire de la scolarisation, mais les traces des premiers enseignements remontent aussi loin que celles des grandes civilisations, de l’Égypte Ancienne à l’Inde, en passant par la Chine, la civilisation aztèque ou la Mésopotamie avec l’invention de l’écriture. Généralement, l’enseignement était essentiellement dispensé par les religieux.

4000 ans avant J.-C., les grands prêtres d’Égypte enseignaient les bases de l’enseignement religieux, mais aussi la mythologie et l’arithmétique. En Inde, des religieux traversaient les villes et les villages pour y enseigner les chants sacrés.

L’enseignement de groupe et l’étude des premiers maîtres philosophiques apparaissent vers le VIe siècle avant J.-C. et derrière cette volonté de transmettre les bases du savoir et de la pensée, se tenait souvent une motivation politique. Dans la Chine ancienne, Confucius [1] prônait l’éducation du plus grand nombre pour former les serviteurs de l’État, tandis que dans la Grèce antique, l’enseignement était dispensé aux garçons comme aux filles de Sparte qui considérait qu’une bonne mère de famille devaient être forte et instruite. Sparte a d’ailleurs la particularité d’être la seule cité grecque dépourvue de murailles car d’après Lycurgue [2], « une ville bien défendue est celle qui est entourée d’un mur d’hommes, et non d’un mur de briques ». Les enfants apprenaient à lire, écrire et compter vers l’âge de 7 ans, puis l’histoire naturelle, la philosophie, le sport et l’art de la guerre.

Plus près de nous, chez les Gallo-Romains, les garçons et quelques rares jeunes filles apprenaient à lire, écrire et compter dès l’âge de 7 ans avec un maître d’école que l’on appelait le magister ludi et qui leur transmettait les bases de l’enseignement primaire. Les enfants des classes sociales privilégiées poursuivaient un enseignement secondaire vers l’âge de 12 ans, ils étudiaient le latin, le grec et les auteurs classiques avec un grammairien, le grammaticus. Après l’âge de 16 ans, seuls les enfants des familles les plus fortunées poursuivaient des études supérieures auprès d’un rhéteur, le rhétor, et apprenaient entre autres disciplines, l’art oratoire. La place publique romaine, lieu de rassemblement, tenait lieu d’école pour y recevoir le savoir, tandis que l’après-midi était plus souvent réservé aux exercices physiques.

Pendant toute l’antiquité, l’école est très chère et concerne essentiellement les enfants des villes, tandis que les enfants des campagnes travaillaient aux champs. Encore plus rares sont les jeunes filles qui suivent un cursus scolaire complet. Généralement après l’âge de 12 ans, elles apprenaient auprès de leur mère à tenir leur rôle de future épouse et mère, et à tenir une maison.

> Deuxième partie : De Charlemagne à la Renaissance, les balbutiements de l’école pour tous
>> Troisième partie : Des Lumières à aujourd’hui, un long chemin vers l’enseignement obligatoire, laïc et gratuit.

La Libellule

[1Confucius était un philosophe Chinois du VIe-Ve siècle avant J.-C. dont l’enseignement a donné naissance au confucianisme, doctrine politique et sociale érigée en religion d’État.

[2Lycurgue (en grec ancien Λυκούργος / Lykoúrgos, « celui qui tient les loups à l’écart ») était un législateur mythique de Sparte vers le XIIIe siècle avant J.-C.